Lidl : "Nous travaillons sur le bien-être des porcs, des poulets, des pondeuses, des dindes et des vaches laitières"

2 janvier 2023 - Frédéric Carluer-Lossouarn

Jean-Christophe Monnez, directeur des achats produits frais de Lidl France. Photo : Lidl France.

Jean-Christophe Monnez, directeur des achats produits frais de Lidl France. Photo : Lidl France.

Au Salon de l’agriculture 2022 puis en septembre dernier au Space, le salon de l’élevage à Rennes, Lidl a présenté ses engagements en faveur du bien-être animal des porcs. Dans le cadre d’un appel à projets baptisé BEA + Lidl, huit élevages partenaires y avaient été dévoilés. Lidl a débloqué une enveloppe de 1,4 million d’euros pour les accompagner dans leurs investissements. Une démarche en lien avec trois groupements de producteurs (Porc Armor Evolution, Eureden, Evel’Up) et l’abattoir Socopa.
Linéaires fait le point sur ce dossier avec Jean-Christophe Monnez, directeur des achats produits frais de Lidl France.

Linéaires : Comment les éleveurs de porcs partenaires toucheront-ils concrètement l'enveloppe de 1,4 million d'euros annoncée par Lidl ?
Jean-Christophe Monnez : L’appel à projets BEA+ Lidl, lancé lors du Salon de l’agriculture en mars 2022, a pour objectif d’accompagner les éleveurs lauréats dans leur investissement pour plus de bien-être animal grâce à une aide, d’un montant global de 1,4 million d’euros en 2022.

La somme sera distribuée de la manière suivante : une prime de 5 € est allouée par porc produit par les élevages lauréats et ce, pendant cinq ans. Cette aide vise à absorber le surcoût bien-être animal lié à l’investissement fait par les éleveurs pour la mise en place de cases liberté (pour les truies, NDLR) en remplacement des cases standard, dont la surface est moins importante.

Cette enveloppe va être répartie par l’intermédiaire des trois groupements de producteurs partenaires impliqués : Porc Armor Evolution, Eureden, Evel’Up sur les cinq années couvertes par l’aide BEA+ Lidl.

Lidl a signé de nombreuses tripartites avec des groupements d'éleveurs depuis des années, dont plusieurs en porc. N'y avait-il pas déjà dans ce cadre des primes consenties pour améliorer le bien-être animal ?
Nous avons effectivement déjà des contrats tripartites sur la filière porcine suivant les cahiers des charges Label rouge. Ces cahiers des charges comprennent une densité d’élevage moins importante et améliorent le niveau de bien-être des porcs.
Cependant, notre objectif sur cet appel à projets BEA+ était différent. Nous souhaitions accompagner les éleveurs porcins de la filière conventionnelle pour leur permettre d’investir sereinement sur des infrastructures plus respectueuses du bien-être animal. Malgré le contexte économique particulièrement difficile : fluctuation du prix des aliments des porcs, augmentation des coûts de l’énergie, incertitude quant à l’évolution des cours du porc. Et cela sans répercussion sur le prix des produits en rayon dans nos magasins.

Quelle est l’association de bien-être animal ayant collaboré à ce projet ?
Cette information est confidentielle.

Quel a été le niveau d'implication de cette association dans la démarche : prise en compte d'une partie de ses propositions, groupe de travail plus abouti, visites en élevage ?
Nous avons construit conjointement la grille de notation des dossiers de candidature et sélectionné les éleveurs lauréats en juillet dernier. Au-delà de notre coopération avec une ONG, nous avons tenu à co-construire la démarche avec la filière en incluant les groupements de producteurs à toutes les étapes du projet.

L’un des élevages de porc partenaires de Lidl sur le bien-être animal. Les truies gestantes sont maintenues en groupe, sur paille, dans un bâtiment baigné de lumière naturelle. Photo : Enjoy Prod.

L’un des élevages de porc partenaires de Lidl sur le bien-être animal. Les truies gestantes sont maintenues en groupe, sur paille, dans un bâtiment baigné de lumière naturelle. Photo : Enjoy Prod.

Comment et quand cette démarche d'amélioration du bien-être animal sera-t-elle communiquée aux clients de Lidl : sur les barquettes, par voie d'affichage en magasin, sur les tracts, etc. ?
Aucune communication en magasin ni mention sur les packs n’est prévue pour le moment.

Les huit élevages sélectionnés dans le cadre de ce projet représentent 1.900 truies et 275.000 porcs sur cinq ans. Combien de magasins distribueront la viande de ces porcs BEA+ ?
L’objectif de ce projet n’est pas de vendre des produits différenciés, mais plutôt de faciliter et d’accompagner la transition des élevages de nos partenaires vers un modèle plus respectueux du bien-être animal. Nous espérons également que ce type d’initiative pourra inspirer un plus grand nombre d’éleveurs français, et encourager par ailleurs d’autres acteurs de la grande distribution à nous emboîter le pas !

Lors du salon de l’élevage Space en septembre dernier, vous aviez annoncé la validation d'une nouvelle enveloppe d'aide au bien-être animal pour 2023. Quel en sera le montant et sur quels projets portera-t-elle : de nouveaux élevages de porcs avec les mêmes groupements d'éleveurs ?
Il est encore trop tôt pour se prononcer sur le montant exact de cette nouvelle enveloppe et ses contours, nous aurons plus d’information à vous communiquer en 2023 au lancement du nouvel appel à projets BEA+.

Dans cet élevage partenaire, la maternité est équipée de "cases liberté". Les truies ne sont bloquées entre des barres de contention que la veille de la mise bas et pour quatre jours. Ensuite, elles peuvent évoluer librement dans la case. Photo : Enjoy Prod.

Dans cet élevage partenaire, la maternité est équipée de "cases liberté". Les truies ne sont bloquées entre des barres de contention que la veille de la mise bas et pour quatre jours. Ensuite, elles peuvent évoluer librement dans la case. Photo : Enjoy Prod.

Prévoyez-vous d'étendre cette démarche de financement de projets d'amélioration du bien-être animal à d'autres espèces, en particulier celles élevées en bâtiment : veau, volailles, lapin ?
Nous menons actuellement un travail de réflexion et de concertation dans le cadre de cette politique bien-être animal autour de cinq filières : porcs, poulets de chair, poules pondeuses, dindes, vaches laitières. Nous ne fermons pas la porte à l’élargissement de ce type d’initiative à d’autres filières pour les appels à projets BEA+ suivants.

Au Space, vous avez indiqué que le prix de vente consommateur de la viande de porc issue de ces filières BEA+ ne sera pas plus élevé qu'une viande de porc standard. Confirmez-vous cette promesse ?
L’absorption des coûts liés aux investissements mentionnés précédemment, afin d’éviter une répercussion sur le prix de vente en magasin, fait effectivement partie des engagements pris par Lidl dans le cadre de ce projet.

Quelle est la part de marché de Lidl sur le rayon boucherie ? Est-elle en progression ?
Elle est en progression de 8% en valeur.

Propos recueillis par F. Carluer-Lossouarn

Pour aller plus loin

Dans le numéro de janvier de Linéaires, découvrez notre reportage au cœur de l’un des élevages de porc partenaires de Lidl sur le bien-être animal.

 

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