Prix : Leclerc moins cher, Intermarché à la deuxième place

7 février 2008 - Florent Vacheret

Fidèle au poste, Leclerc tient son rang ! Les grincheux pointeront, certes, la dégradation d’un point de l’indice de l’indépendant sur le second semestre 2007. Il n’en reste pas moins que sur la centaine d’articles majeurs de l’alimentaire relevés par l’équipe de journalistes de Linéaires, Leclerc reste intouchable. Et ce pour la quatrième vague consécutive.
Cette performance remarquable masquerait presque celle, plus inédite, de son dauphin. En l’occurrence, elle est à l’actif d’un autre acharné historique des prix bas : Intermarché. Ses difficultés commerciales l’ont longtemps éloigné du podium des prix et l’hétérogénéité de son réseau l’a toujours pénalisé, mais l’enseigne affiche désormais un meilleur bulletin de santé. Et cela se traduit directement sur la courbe de ses indices : depuis mi-2005, la pente est vertueuse avec une amélioration constante.
En attendant, Intermarché a chipé la place de numéro deux occupée par Auchan depuis un an. Le Nordiste confirme vouloir rester au contact des meilleurs. Un peu plus loin, Carrefour n’occupe qu’une décevante quatrième place. Pas déshonorante dans l’absolu, mais clairement pas en phase avec ses revendications de leadership en prix sur ses sites…

Les mal classés se rebiffent

Retrouver Leclerc en chef de file suivi du trio Intermarché - Auchan - Carrefour dans un relatif mouchoir de poche est tout sauf une surprise : ces quatre-là - auxquels l’on pourrait associer les « U », toujours fidèles au poste - donnent le tempo de la valse des prix bas dans l’Hexagone depuis toujours.
Les surprises, elles viennent surtout des « suiveurs »… dont certains semblent décidés à ne plus se laisser dangereusement distancer. Le premier semestre 2007 avait été le théâtre d’un sursaut de Supermarchés Match, qui affichait la plus forte baisse de prix sur la période. L’enseigne du groupe Louis Delhaize a confirmé ses bonnes résolutions après l’été et en récolte aujourd’hui les fruits, avec un indice à 101,7. Un niveau de compétitivité que Match n’avait plus connu depuis le premier semestre 2004 et qui replace l’enseigne dans la course.
Au point d’ailleurs que le différentiel avec le grand frère Cora n’est désormais plus significatif (0,3 point). Et pourtant, Cora lui-même « serre les boulons ». L’enseigne s’était nettement laissée décrocher entre 2004 et 2005 et peinait depuis à proposer des prix conformes aux standards de l’hyper. La tendance s’est néanmoins peu à peu inversée depuis début 2006 et ses indices sont en amélioration constante sur les trois dernières vagues. Cora n’en reste pas moins fidèle à sa dernière place traditionnelle au sein du wagon des hypermarchés, bien loin des leaders.

Atac, à l’assaut

Mais le sursaut le plus significatif est le fait d’un troisième larron : Atac. Les supermarchés de la famille Mulliez connaissaient une lente et inquiétante dérive de leurs étiquettes depuis début 2006, jusqu’à culminer à un peu glorieux 103,8 lors de la dernière vague… La direction d’Atac avait sans doute davantage la tête au développement de Simply Market et pouvait être tentée de prendre ses aises avec Atac, enseigne dont l’avenir à moyen terme semble compromis. Pour autant, Atac a opéré un retour « dans les clous » en bonne et due forme ces derniers mois. Avec un indice à 101, l’enseigne retrouve un niveau conforme à son niveau de performances de 2004.
A l’inverse, Géant Casino semble avoir quelque peu lâché du lest depuis l’été… La remarque vaut pour les hypers du Stéphanois, mais plus globalement pour le groupe dans son ensemble. Les supermarchés Casino confirment vague après vague tracer leur route en solo sans donner l’impression de s’inquiéter outre mesure de la concurrence ! A 105,8, la branche supers de Casino atteint même un niveau record depuis la création de l’indice LinéairesPrix en 1999. Le regain d’agressivité d’Atac et de S. Match isole d’autant plus Casino dans le paysage du supermarché. Une stratégie périlleuse ? Comment ne pas se poser la question… Les sceptiques pourraient être rassurés par Monoprix, dont les performances commerciales semblent peu affectées par un niveau de compétitivité en constante dégradation depuis début 2005. En deux ans et demi, l’indice des Citymarché a dérapé de plus de 7 points avec une régularité de métronome. Un gouffre !

+ 3,6 % : les prix se sont envolés en janvier

Il n’aura fallu que quelques jours pour perdre trois années d’effort. C’est laconiquement le premier bilan que l’on peut tirer des « changements » intervenus au 1er janvier. L’inflation du panier type de Linéaires, mesurée dans les 20 principales grandes surfaces de Rennes, atteignait en effet 3,6 % mi-janvier (par rapport à mi-décembre). Un montant qui représente grosso modo autant que les baisses des prix progressives nées des accords Sarkozy (été 2004) et de la loi Dutreil (janvier 2006).
Inutile d’aller chercher des écarts entre concurrents : 16 des 20 magasins ont vu leurs étiquettes flamber de 2 à 5 % depuis le 1er janvier, sans différence notable d’enseignes ou de circuits. On aurait pu attendre des hypers qu’ils contiennent davantage la hausse que les supermarchés, mais il n’en est rien. Les six plus grandes unités de la ville affichent + 4,7 % d’inflation. Ce qui n’augure rien de bon…
A ce stade, ces observations donnent en tout cas raison à Michel-Edouard Leclerc, qui pronostiquait dernièrement une hausse de 4 % des PGC sur 2008. Et l’année est loin d’être terminée. De nouveaux ajustements tarifaires sont annoncés dès la fin du premier trimestre. Dans les produits laitiers notamment. Ces derniers sont pourtant, déjà, en première ligne.
La catégorie est, de très loin, la plus inflationniste ces dernières semaines. Sur 15 références suivies dans le panier Linéaires, la hausse moyenne atteint 10 % (exemples : brique Danao à + 19 %, Danette par 4 à + 18 %, Viennois de Nestlé par 4 à+ 17 %). « Nous sommes en train d’analyser les choses assez finement, commente pour Linéaires le patron d’une grande enseigne nationale, mais il semble que l’élasticité des ventes se ressente fortement sur les produits concernés.»
A côté des produits laitiers, les étiquettes sont restées relativement sages début janvier. Tant pour la charcuterie/traiteur que pour les surgelés, les liquides ou l’épicerie. La seule exception notable concerne les produits céréaliers, très touchés eux aussi. Un exemple symbolique : le paquet de farine premier prix . Il y a deux ans, il s’affichait partout à 30 centimes d’euro. En décembre, il en coûtait déjà 41 centimes. Et depuis début janvier, l’addition est passée à 49 centimes !

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