Météo : qui sont les gagnants et les perdants ?

En association avec Climpact-Metnext, Iri a dressé un état des lieux chiffré des effets de la météo exécrable du printemps sur la consommation de PGC et frais LS en hypers et supers. Sur 305 catégories de produits suivies par Iri, 184 (60 % des marchés) sont dites « météo-sensibles ».

Il y a d’un côté les perdants. A cours du trimestre, marqué par des températures globalement bien en-deçà des normales saisonnières, 26 familles d’articles ont subi un impact négatif de plus de 4 % en volume, spécifiquement lié à la météo.

Les plus touchés sont les insecticides (impact météo de - 22,6 %) et les crèmes solaires (- 19 %). Suivent ensuite les spécialités glacées individuelles (- 11,3 %), les saucisses fraîches (- 10 %), la bière sans alcool et le panaché (- 8 %), le maïs doux en conserve (- 7,6 %), les sorbets et crèmes glacées (- 7,5 %) et les eaux aromatisées (- 7 %).

+ 15 % pour les soupes

Par effet de vases communicants, il y a eu des gagnants lors de ce printemps très maussade. 17 catégories ont vu leur activité en volume croître de plus de 4 %. Globalement des produits d’hiver ou d’automne : impact météo de + 26,5 % pour les soins des mains et des lèvres, + 15,4 % pour les fromages à consommer chaud type raclette, + 15,1 % pour les soupes, + 7,3 % pour la crème de marrons, + 4,4 % pour le miel, etc. Pour Iri, globalement, ce sont surtout des produits d’épicerie qui ont profité de cette météo frisquette.

Au global, en faisant la part des choses entre les catégories touchées et celles qui ont été boostées, Iri indique que « les rayons victimes sont principalement les boissons sans alcool et les bières et à un degré moindre les surgelés (avec toujours un léger phénomène de compensation entre les glaces et le surgelé salé). Les bénéficiaires sont l’épicerie ainsi que la crémerie, pratiquement à la même hauteur. »

« La rupture de tendance est sensible »

Iri confirme aussi et surtout la baisse de la consommation des ménages en PGC + frais LS ces derniers mois. En hypers et supers, elle a reculé de 0,5 % en volume, avec un effet météo quasi nul globalement (+ 0,03 %). « C’est la première fois depuis bien longtemps (2008) que nous enregistrons un tel mouvement de repli », souligne Iri. Dans le détail, l’épicerie ressort à + 1,4 % (dont un effet météo à + 1 %), les liquides à - 2,9 % (dont effet météo à - 1,9 %) et le frais LS à - 1 % (dont effet météo à + 0,3 %).

« Au cours des 12 mois précédents (et sans effet météo majeur), les HM + SM affichaient encore une croissance de 0,4 %, rappelle Iri. La rupture de tendance est donc sensible (- 0,9 %) et traduit globalement l’impact de la crise économique et de la contraction du pouvoir d’achat des ménages pour les achats PGC. »

Cette rupture de tendance est particulièrement sensible sur les surgelés - la crise de la viande de cheval est passée par là - et le frais non laitier LS, qui ressort à - 1,4 % en volume au printemps contre + 1,4 % lors de la période des douze mois glissants précédents. Un constat qualifié « d’inquiétant » par Iri car jugé révélateur « de l’installation dans une récession larvée ». Le panéliste conclut néanmoins par une note moins alarmiste : « Cette crise est encore limitée et reste sans commune mesure avec le niveau de déconsommation de 2008 ».

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