Les négos 2023 vues par Michel-Edouard Leclerc

7 décembre 2022 - Yves DENJEAN

À l’occasion de la présentation par BVA d’une étude pour l’Observatoire E. Leclerc des nouvelles consommations, Michel-Edouard Leclerc est revenu sur les grands enjeux des négociations 2023. Verbatim.

Dans le cadre d’une présentation de l’étude BVA pour l’Observatoire E.Leclerc des nouvelles consommations le 1er décembre dernier, Michel-Edouard Leclerc a été interrogé sur la campagne des négociations 2023 qui vient de s’ouvrir. L’occasion de faire passer quelques messages auprès des grands groupes.

"Nous n’avons pas reçu à ce jour 10% des conditions générales de vente (CGV). Les PME et TPI françaises seront privilégiées et les négociations se feront rapidement. En revanche, nous serons beaucoup plus exigeants envers les grands fournisseurs sur les origines des tarifs. En effet, cette année, nous allons exiger de la transparence, et pas seulement nous contenter de la demander. Je vous rappelle qu’il nous manque 20% des certifications par les commissaires aux comptes des anciennes CGV. Et nous allons aussi les inciter à aller négocier leur propre amont. Regardez les résultats réalisés par les grands groupes de transport. Faut-il faire payer aux Français l’inculture de négociation ou la mauvaise négociation de grandes entreprises multinationales ? S’agissant des entreprises de l’Ilec (NDLR : Institut de liaisons des entreprises de consommation) , nous allons prendre le temps pour voir comment nous pouvons partager ces hausses, comment ils peuvent les retenir un peu.

Le début d’année 2023 est préoccupant et on craint un gros creux de la consommation. Au-delà des marchés sur lesquels nous sommes, l’augmentation des dépenses contraintes (loyer, énergie, transport, etc.) pour les foyers va fortement impacter la consommation courante.
Et la discussion avec les fournisseurs ne se limite pas seulement à "d’où vient ton inflation et qu’est-ce qu’on répercute", il faut désormais raisonner à partir de l’effet consommateurs. La véritable question est aujourd’hui "à combien la hausse de prix arrête la vente?". En clair, quel est l’intérêt de donner du prix s’il n’y a pas la vente ? C’est ce qui va caractériser la négociation cette année. Et si on accepte des augmentations de tarifs, ne faut-il pas les compenser par une suractivité promotionnelle ? S’il n’y a pas de prix et de promos, le marché va tomber !"

 

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