Leclerc et U alertent sur la forte inflation à venir

23 décembre 2021 - Yves DENJEAN

Les patrons de Leclerc et Système U prédisent une forte flambée des prix l’an prochain. Michel-Edouard Leclerc estime à +4% l’évolution à venir sur le premier semestre 2022. Une prise de parole qui permet aussi de passer quelques messages aux fournisseurs en cette période de négociations.

À la veille de Noël, Michel-Édouard Leclerc alerte sur la très forte inflation à venir en 2022. « Celle-ci commence à apparaître de façon assez forte dans les rayons des magasins, indique le représentant emblématique du groupement ce jeudi 23 décembre sur France Info. On a maîtrisé la politique de prix sur les jouets et sur la nourriture […] mais on a commencé à répercuter l'inflation. »

Mettre un socle pour lutter contre l’inflation

Les causes sont multiples : faibles productions, hausse du prix de l’énergie, problèmes de transport, spéculations des marchés, etc. Pour le dirigeant, les conséquences se feront vraiment sentir l’an prochain. « Il se négocie pendant deux mois les tarifs de l’année et je pense que nous aurons une inflation de 4 % sur le premier semestre 2022, poursuit Michel-Édouard Leclerc. C’est le métier des groupes de distribution de négocier et de mettre un socle pour que l'inflation ne soit pas trop forte, ça veut dire peut-être la différer, obtenir des promos en échange ou la répercuter sur plusieurs gammes de produits plutôt que sur tel ou tel article. »

La loi Egalim 2 respectée

Au passage, le distributeur prend bien soin de rassurer le monde agricole français et son ministre, en affirmant que son groupe respectera la sanctuarisation des prix à la production prévue par la loi Egalim 2. En revanche, il met en garde l’une de ses cibles favorites, les multinationales de l’agroalimentaire : « Quand les industriels nous emmènent sur 25% de notre chiffre d’affaires des tarifs en augmentation de 6 à 7%, il faudra faire du tri. Ils ont annoncé leur volonté de doubler leurs résultats et leurs marges pour lever de l'argent en Bourse. Ce n’est pas aux consommateurs français de payer la sur-marge d’Unilever, de Nestlé ou de Procter. »

U veut jouer le rôle d’amortisseur

Dans un style différent, le discours de Dominique Schelcher, président de Système U, se rapproche assez fortement de celui de son confrère. « Ça faisait très longtemps que l'on n'avait pas vu ça, », a-t-il confié le 16 décembre dernier sur BFM Business. Le patron des U a indiqué que les distributeurs ne pourront pas accepter des hausses comprises en 7 et 10% de la part des fournisseurs. « Selon l’Insee, les Français vont perdre 0,5% de pouvoir d’achat au premier semestre 2022, a rappelé Dominique Schelcher. Nous constatons déjà une répercussion de la hausse du prix des pâtes sur les ventes. Le lien entre achats et prix est très rapide dans l’alimentaire […]. Nous jouerons notre rôle d’amortisseur pour trouver la meilleure solution dans cette équation très complexe. »

Début de retournement en novembre 2021

Si les distributeurs préparent l’opinion et distillent quelques messages à leurs fournisseurs en cette période de négociation, le retour de l’inflation commence déjà à être visible selon IRI. L’institut, qui suit mensuellement l’évolution des prix aux PGC-FLS, a constaté une très légère hausse en novembre 2021. La première après plusieurs mois de baisse.

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