Casino déroule et rassure

Même si Casino est désormais le plus international des distributeurs français, avec 61 % de CA hors de l'Hexagone, ce sont surtout les performances françaises qui étaient attendues ce matin. Et pour cause, Casino France tente le pari osé, mais salutaire, d'un sévère repositionnement prix. Autant le dire tout de suite, les effets positifs de cette baisse de prix, que le PDG Jean-Charles Naouri mesure entre 5 et 7 % pour Géant et de l'ordre de 4 % pour supermarchés Casino, ne sont pas encore visibles. « Sur les prix, l'essentiel de la baisse sur Géant est faite. Le nouveau positionnement tarifaire de l'enseigne est désormais très compétitif et très satisfaisant, rassure Jean-Charles Naouri. J'avais dit que les effets positifs se feraient sentir après six mois à un an. Nous sommes à moins de six mois et visons toujours ce « zéro plus » pour la fin 2013. Cela prend du temps, mais c'est le délai classique. »

A magasins comparables, hors carburant, Géant Casino affiche encore – 10,5 % au deuxième trimestre (- 7,8 % hors effet calendaire). La tendance est en ligne avec les deux trimestres précédents mais Casino affirme sentir le frémissement côté trafic. Les hypers n'ont plus perdu que 0,7 % sur ce critère entre mi-juin et mi-juillet. A confirmer, donc.

De leur côté, les supers Casino affichent, toujours à magasins comparables hors essence et calendaire, un décevant – 6,3 %. Sur les mêmes base, Franprix est à – 2 % pour le trimestre et Leader Price à – 3,4 %. Monoprix sauve les meubles avec une croissance positive à + 0,3 %.

Malgré ces performances commerciales françaises médiocres dans l'ensemble, Casino publie un chiffre d'affaires en nette hausse pour le trimestre : + 7,8 %. L'explication tient, bien sûr, à l'intégration désormais totale de Monoprix. Mais aussi à la prise de contrôle de 81 Leader Price précédemment master franchisés. Ou encore à la croissance encore remarquable de Cdiscount (+ 9,6 %).

Toujours en France, le résultat courant (ROC) est quasi stable à 254 M€ (251 en 2012) au premier semestre. Dans le détail, la rentabilité des activités hypers/supers s'est logiquement effritée, le ROC passant de 119 à 86 M€. Pour autant, Casino se félicite d'avoir, comme prévu, financé ses baisses de prix par des réductions drastiques de coûts : entre le siège et les magasins, quelque 140 M€ ont été économisés ! En outre, l'effritement du ROC des hypers/supers est compensé par l'apport mécanique de Monoprix dont le résultat opérationnel bondit de 64 à 100 M€, avec un niveau de marge sur CA toujours très enviable de... 6,6 %.

L'international continue de se porter comme un charme et à tirer le groupe. Tant en chiffre d'affaires (60 % du total) qu'en rentabilité (74 % du ROC). En particulier le Brésil où GPA affiche une croissance de 10 % à magasins comparables et à + 11,8 % en organique. Exito (Colombie et Uruguay) affiche de son côté + 4,8 % en organique, malgré le ralentissement économique que subit la zone. Big C n'est pas en reste avec un gain de 9 % en organique en Thaïlande et de 10,5 % au Vietnam.

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