Carrefour : la retraite de Russie

16 octobre 2009 - F. Carluer-Lossouarn

Le premier Carrefour russe ouvert en juin 2009

Le premier Carrefour russe, ouvert en juin 2009

Un petit tour et puis s’en va… Dans le communiqué sur son chiffre d’affaires au 3e trimestre publié hier soir (lire notre article), le groupe Carrefour a indiqué en trois phrases avoir pris la décision de quitter la Russie. Tout juste quatre mois après avoir inauguré son premier hyper russe à Moscou… Il y a un mois, un second Carrefour avait même ouvert à Krasnodar dans le Sud du pays. Le troisième, qui devait être créé à Lipetsk d’ici à la fin de l’année, ne verra jamais le jour. En 1998 déjà, Carrefour avait fait volte face, renonçant à s’implanter en Russie, alors en pleine crise financière.

« Un potentiel considérable sur le long terme »

Carrefour met en avant « l’absence de perspectives de croissance organique suffisantes et d’opportunités de croissance externe à court et moyen terme qui permettraient d’y atteindre une position de leadership ». Certes, Carrefour avait pris un retard considérable sur les leaders de la distribution russe et sur son concurrent Auchan, présent en Russie depuis 2002 (34 hypers et 25 supermarchés). Mais Carrefour connaissait déjà les données du problème lors de la préparation de son arrivée en Russie. « Le Groupe Carrefour est profondément convaincu que le marché russe recèle un potentiel considérable sur le long terme. Aussi le marché russe est-il l’une des priorités stratégiques de notre développement », indiquait d’ailleurs Thierry Garnier, en charge d’une bonne partie de l’international chez Carrefour, à l’occasion de l’ouverture du premier hyper moscovite.

Quid de l’Inde ?

Cette piteuse retraite de Russie témoigne plutôt des tensions qui règnent chez le numéro deux mondial de la distribution. Certains de ses actionnaires de référence réclament ni plus ni moins la vente des magasins dans les pays émergents, en Asie et en Amérique du Sud. Dans la tourmente, le directeur général de Carrefour, Lars Olofsson, qui aurait mis sa démission dans la balance pour s’opposer à ce démantèlement, recentre aujourd’hui sa stratégie de développement à l’international sur les pays où le groupe est déjà implanté et où il occupe ou est en mesure d’occuper une place de leader ou d’outsider.

Ce faisant, Olofsson reprend ni plus ni moins la stratégie de son prédécesseur José-Luis Duran, qui avait mis fin à l’expansion tous azimuts de Daniel Bernard. La vente de ses magasins en Russie pousse maintenant à s’interroger sur l’avenir de Carrefour en Inde, où son arrivée est annoncée comme imminente. Carrefour a pourtant la possibilité d’y figurer parmi les leaders alors que la grande distribution moderne n’en est qu’à ses prémices.

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